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Virtual Hydlide

Virtual Hydlide Virtual Hydlide Virtual Hydlide Virtual Hydlide

Développeur : T&E SoftGraphismes :
Éditeur : SegaSons et musiques :
Année : 1995Difficulté :
Genre : Action-aventureDurée de vie :
Nombre de joueurs : 1Note : 4/10


C’est un de ces jeux au titre impossible à retenir, que j’ai mis du temps à retrouver. C’est d’ailleurs pour cela que je le référence sur le site. Je saurai où le chercher quand j’oublierai encore son nom.

Il s’agit d’un remake du jeu Hydlide, un succédané de Zelda, sorti fin 1984 sur micro-ordinateur, au Japon, avant d’être adapté sur NES en 1986 (puis traduit en anglais et exporté en 1989). Il a connu une première suite, sortie uniquement au Japon, puis une seconde, connue en Europe sous le titre Super Hydlide (1990-1991, Megadrive).

La série entière a très mauvaise réputation. Les vidéastes aiment se moquer de Virtual Hydlide en particulier, pour son aspect kitsch et son débit d’image rachitique (une vingtaine d’images par seconde dans les bons moments). Il faut dire que le développeur était réputé pour ses jeux de golf, et qu’ils ont vraisemblablement réutilisé l’un de leurs moteurs 3D, certainement pas conçu pour répondre aux besoins d’un jeu de rôle… ou d’action… ou quoi que ce soit présentant une multitude de bestioles animées.

L’histoire se résume ainsi : méchant sorcier, gentille princesse, trois petites fées. En fait, ce n’est pas un résumé, c’est l’intégralité du script.

Graphiquement, l’environnement est composé d’un assortiment de textures grisâtres, ou verdâtres, pixélisées. Les objets sont représentés par des sprites (des images en 2D) que la console essaie tant bien que mal de redimensionner en temps réel pour créer un effet de perspective. Posé par-dessus, au milieu de l’écran, Jim, notre héros, est le fier résultat de la digitalisation d’un acteur, affublé d’un déguisement bon marché et pris en photos dans des pauses héroïques.

Je ne trouvais pas le jeu si laid, à l’époque. Je ne suis certes pas le mieux placé pour juger, vu la gueule de mon site… Néanmoins, disons que la Sega Saturn était fort bien pourvue en matière de 3D blécharde et essoufflée. Ce jeu-là avait au moins le mérite de communiquer une identité visuelle (involontairement, peut-être), si bien que j’acceptais sans mal l’illusion d’arpenter un monde ouvert et sinistre, bien des années avant la série de jeux The Elder Scrolls
Oups, The Elder Scrolls: Arena était sorti en 1994 ! Je pensais à Daggerfall (1996) et Morrowind (2002).

Par ailleurs, Les mouvements de caméra maladroits et l’animation saccadée ne m’avaient pas dérangé outre mesure. Encore une fois, j’étais habitué. Je me souviens également avoir apprécié la génération aléatoire du monde et même la gestion du poids dans l’inventaire, conduisant le joueur, en principe, à choisir entre une arme lourde et une armure légère, ou l’inverse. L’idée reste malheureusement inexploitée. Cependant, force est d’admettre que la « profondeur de jeu et la durée de vie inégalées », vantées au dos de la boîte, sont un tantinet exagérées.

Il n’y a aucun personnage non joueur (hormis la donzelle) et donc aucun dialogue. Les combats ne rapportent pas de points d’expérience ni de butin, donc aucun intérêt à trucider les monstres, sinon faire monter le « score ». On se rendra compte plus tard, néanmoins, que ce score est assimilé à la quantité de pièces d’or accumulées, qui se monnaye dans l’unique boutique du jeu. Deux articles en particulier améliorent le niveau de votre arme et de votre armure/bouclier. Il y a donc bien une forme (très coûteuse) de progression supplémentaire, destinée aux joueurs désirant tuer tout ce qui bouge. Cela dit, je ne suis pas sûr que ces objets demeurent disponibles dans les niveaux de difficulté au-dessus de « facile ». Essayez et vous me raconterez !

Honnêtement, si le jeu m’avait plu, c’est sûrement parce qu’il est très indulgent. La barre de vie se régénère toute seule (après avoir rengainé l’arme) et la direction vers l’objectif est indiquée en permanence sur la boussole ou la carte. Le monde « procédural » n’empêche pas l’aventure de suivre un déroulement linéaire et dirigiste.

Et alors, qu’en est-il aujourd’hui, après l’avoir revisité ? Je sais que vous êtes venu sur cette page pour lire des moqueries, je vais donc vous satisfaire : j’ai passé un meilleur moment que sur Baldur’s Gate 3 ! Oui, je recommence. En dépit de l’animation hachée et des problèmes de visibilité, figurez-vous que je touchais plus souvent mes cibles ! Pas de jet de dés, pas de dialogue pompeux, et par-dessus tout, pas de jarre ! Sentez-vous comme je me sens libéré et heureux depuis que j’ai décidé de ne plus me forcer à jouer à Baldur’s Gate 3 ? J’aurais presque envie de remettre la main sur Excalibur 2555 AD. J’ai dit presque !

Je possédais des pelletées de jeux médiocres, dans ma jeunesse, en particulier sur Saturn (je les trouvais d’occasion et privilégiais la quantité), mais peu d’entre eux m’ont laissé un bon souvenir, ou un souvenir quelconque. Virtual Hydlide se distingue par son statut de nanar vidéoludique ; très imparfait, mais réalisé avec cœur, et un tout petit budget, ou en tout cas, terminé à toute vitesse (on devine que la fin est expédiée au moment où le jeu nous téléporte littéralement jusqu’au « donjon » du dernier boss, constitué d’un seul couloir).

Tiens, un jeu moderne dont l’atmosphère me fait étrangement penser à Virtual Hydlide : Valheim. Prenez cela comme vous voulez…

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Je sais ce que vous vous dites en admirant ces images. Ce n’est pas que j’avais honte de porter ma seyante armure de fée, je l’ai simplement ratée, alors qu’elle m’attendait dans l’un des premiers donjons du jeu. Je suis retourné la chercher, juste avant d’affronter le boss final.

Où le télécharger ?
RPGamers